Il s'agit d'un reportage que j'ai réalisé en 16mm muet dans ce qui allait devenir la capitale de la Côte d'Ivoire, en 1970. Ce film a été numérisé et monté.

   Le principe est simple mais efficace. Les fils de la trame sont placés à distance attachés à une grosse pierre servant de contre-poids, sur un sol parfaitement planifié, régulierement balayé pour permettre un glissement régulier. Zu fur et à mesure du tissage l'ensemble avance vers le mécanisme. Les fils sont tendus un sur deux sur deux lisses qui sont mantenues par une ficelle laquelle passe dans une poulie sculptée. Elles sont actinnées alternativement aux deux pieds posés sur deux pédales. Le fil de la chaîne est envoyé par une navette qui traverse les fils de trame. Un peigne, fixé sur une traverse au-dessus permet de serrer les fils de trame. Le tissus est enroulé au fur et à mesure sur un gros baton, à la main.

   L'intérêt d'un tel système c'est qu'il est facilement démontable et transportable pour être installé dans des lieux différents. Les bande de tissus font entre 10 et 20 cm. Elles seront ensuite cousues entre elles à la main par un tailleur pour faire des couvertures, des robes et toutes sortes de vêtements. Le tissage peut être lui même coloré par le choix des fils, mais le coupon terminé peut aussi être teint avec des produis naturels.

    L'art des tissus est un art africain particulièrement réputé. Il a su évoluer dans le temps.

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