Il s'agit d'un projet de fin d'année de la section STS AV de Montbéliard que je dois à Jean-Jacques Wagner qui m'a fait rencontrer le photographe tchèque de renommée internationale Jinddrich Streit et l'association des anciens mineurs des mines de potasse d'Alsace dont une partie sont d'origine polonaise. 

    jJndrich Streit, que l'on voitr dans le film parcourir la salle dans laquelle il expose ses photos, était venu photographier les mineurs avec son Leica, en Noir et blanc. Ce film devait respecter les contraintes de l'examen, lequel juge des compétences des étujdiants. Alors la vie dans la mine était en noir et blanc et la mort de la mine en couleur. Nous choisissons d'opposer sans cesse la vie et la mort de manière paradoxale. Nous allons donc cultiver les inversions. 

Pour retrouver les mineurs d'autrefois nous les avons invités à un repas le soir. Avec leurs épouses cela faisait plus de trente personnes. Il nous fallait retrouver les visages. Nos cadreurs avaient les portraits et la consigne. On va installer la salle pour une conférence, mais nous la filmerons à l'envers pour retrouver les visages. On en a fait le support du multicaméra (trois caméras) avec un éclairage légèrement saturé et inversé. L'objectif était de faire ressortir la mémoire sachant qu'on ne peut pas faire parler les photos de Jinrich. Nouvelle inversion.

Mais ce petit monde avait faim. Nous avions pris du retard à cause de ma condition. lls se sotn tous levés pour se mettre à table. Il m'a fallu pendant le direct envoyer la gestionnaire pour qu'elle fasse des ITV autour de la table repérant ceux qui n'avaient pas encore la bouche pleine.

   Et pour pimenter le tout j'étais en congé maladie pendant deux semaines pour cruralgie très violente, sur un poste pour lequel on ne trouve pas de remplaçants. J'avais déjà présenté le scénario. Le projet avait démarré. Rester chez moi compromettait l'examen de 5 étudiants. Je vivais seul et ne tenais ni debout ni assis. 

   Il m'a été impossible d'être sur le terrain à 60 km pour les reportages. Mes étudiants venaient me rendre visite, chaque jour, la veille, chez moi. Depuis mon lit je donnais les consignes. Ils m'apportaient à manger et la pharmacie. Ils revenaient avec un moniteur pour me montrer ce qu'ils avaient filmé. Les monteurs ont expliqué à leur jury d'examen que je n'avais pas pu contrôler, en tant que réalisateur, la conformation de leurs reportages, ce qui explique le manque d'étalonnage de certains plans, trop sombres, et pourtant récupérables.

  pour l emulticaméra, Jean-Jacques m'a conduit en Alsace couché dans sa voiture. Ils m'ont trouvé un lit à ressorts monté sur roulettes pour que j'assure la mise en place des décors et de l'ensemble de l'éclairage d'un plateau en extérieur, au moment de la tombée de la nuit. On me promenait à la demande lorsque j'avais une consigne à donner et les essais à faire. Pour réaliser le multicaméra j'étais sur un fauteuil roulant derrière mon assitant installé à la console. Il s'agit de diriger les cadres de trois caméras, corriger les éclairages, l'étalonnage entre les plans du direct et contrôler le son, sans oublier la gestion du plateau lui-même ce jour-là particulièrement difficile avec des participants qui sont libres des leurs souvements et ne respectent pas les consignes de la chef de plateau. De l'improvisatin d'un bout à l'autre : tout le contraire de la télévision !